ROSALES


ROSALES
ROSALES

L’ordre des Rosales (Angiospermes dicotylédones) est un exemple de grand taxon par enchaînement : très hétérogène, il ne présente pas de caractères généraux évidents, mais il constitue un ensemble de familles tel que chacune est manifestement affine avec au moins une autre; les familles les plus dissemblables sont ainsi reliées par une chaîne de familles qui se ressemblent deux à deux. Les limites entre cet ordre, qu’il est difficile de définir, et d’autres ordres ne peuvent pas être nettes: l’appartenance de certaines petites familles aux Rosales est admise par tel taxinomiste et refusée par tel autre. D’après la conception des Rosales qui a été proposée en 1970 par A. Cronquist, l’ordre comprend 17 familles et environ 20 000 espèces, dont plus de 13 000 pour les seules Légumineuses . Les 7 000 espèces restantes se partagent, d’une part, en 3 familles principales, d’importance mondiale, les Rosacées (plus de 3 500 espèces), Crassulacées (1 500 espèces) et Saxifragacées (1 200 espèces) et, d’autre part, en 13 petites familles (dont 7 comptent chacune moins d’une dizaine d’espèces) proches de l’une ou de l’autre des trois précédentes. Rosacées, Crassulacées et Saxifragacées fournissent beaucoup de plantes ou arbustes ornementaux, en particulier les rosiers et la plupart des arbres et arbrisseaux fruitiers.

Caractères

L’ensemble si varié des Rosales se situe parmi les ordres angiospermiens les moins évolués, donc les plus anciens: dans les taxons les plus primitifs des Rosales, les carpelles, en nombre très variable (un seul chez les Légumineuses), sont libres, sinon dans leur totalité, du moins dans leur partie stylaire; l’androcée, très généralement verticillé, paraît encore spiralé chez certaines espèces exceptionnelles dont les étamines sont en nombre indéfini; ces caractères rapprochent les Rosales des Ranales [cf. POLYCARPIQUES] et des autres ordres chez lesquels le pistil n’est pas encore syncarpe; mais les Rosales se distinguent de ces ordres par une combinaison originale de caractères floraux: un périanthe définitivement différencié, pentamère ou tétramère (différence avec les Ranales), est associé avec une tendance très marquée du réceptacle à se développer en un plateau, une coupe ou une urne et à entourer les carpelles jusqu’à réaliser une inférovarie parfaite.

Affinités

Les affinités entre Rosacées, Légumineuses, Crassulacées et Saxifragacées (et leurs familles satellites) sont unanimement reconnues (fig. 1), et les divergences portent seulement sur le rang taxinomique qu’il convient de leur attribuer: L. Emberger et A. Cronquist les considèrent comme des familles; J. Hutchinson et A. Takhtajan comme des ordres (Rosales, Léguminales, Saxifragales), groupés par ce dernier dans le super-ordre des Rosiflores . Les Légumineuses ayant été traitées séparément [cf. LÉGUMINEUSES], l’exposé suivant portera seulement sur les Rosacées, Crassulacées et Saxifragacées, et les familles voisines qui méritent d’être mentionnées. Les Hamamélidacées et les Platanacées, que l’on avait coutume de comprendre parmi les Rosales, sont exclues de cet ordre, à juste titre sans doute, par les taxinomistes modernes (A. Takhtajan, A. Cronquist).

On classe souvent parmi les Rosiflores la petite famille des Podostémonacées (43 genres; environ 200 espèces), qui, à elle seule, constitue l’ordre des Podostémonales. Les Podostémonacées, qui vivent fixées sur les rochers des cascades et des rapides dans les régions tropicales, sont des plantes étranges. Leur appareil végétatif chlorophyllien est difficilement interprétable suivant les normes classiques de l’architecture des plantes vasculaires; adhérant au rocher par des crampons (haptères), il ressemble soit à des tiges feuillées de Mousses (tiges grêles et courtes portant de petites «feuilles» non vascularisées), soit à des thalles d’Hépatiques ou d’Algues (lames foliacées épaisses et nervées, ou minces et sans nervures, entières ou dichotomes, ou déchiquetées en lanières). La structure histologique, très simple, comporte du parenchyme et du collenchyme, sans méats, ainsi que de rares trachéides groupés en maigres faisceaux sans liber; les stomates font défaut. Les fleurs, petites, hermaphrodites ou unisexuées, nues ou entourées par un périanthe simple, actinomorphes ou zygomorphes, comprennent un ovaire bicarpellé et multi-ovulé, surmonté de deux styles libres, et un androcée disposé suivant des modalités variées. Les graines, très petites, sont remplies par un embryon dicotylé, sans radicule.

On a été conduit à rapprocher les Podostémonales des Rosales en raison de certaines analogies embryologiques (suspenseur développé en suçoir, comme chez les Crassulacées); mais d’autres caractères les rapprochent aussi des Ranales et des Hélobiales. Il s’agit, en réalité, d’un groupe extrêmement isolé, et l’extraordinaire indifférenciation de l’appareil végétatif permet de se demander si ces plantes, certainement très anciennes, ne représenteraient pas une lignée indépendante ayant atteint l’angiospermie directement à partir de souches algales ou psilophytiques.

Les Rosacées

Les Rosacées sont définies par certains caractères généraux précis. Les feuilles sont stipulées et les graines exalbuminées (cf. GRAINE); ces deux caractères sont communs avec la famille des Légumineuses, manifestement très affine. Les deux familles sont cependant séparées par de nettes différences. La pièce périanthaire adossée à l’axe est un sépale chez les Rosacées, comme chez la plupart des Dicotylédones, et un pétale chez les Légumineuses. Les pistils des Rosacées sont extrêmement divers, alors que celui des Légumineuses, unicarpellé, est construit sur un plan unique; même chez les Rosacées à pistil unicarpellé, celui-ci est symétrique non par rapport au plan floral comme chez les Légumineuses, mais par rapport à un plan oblique, et le fruit auquel il donne naissance après la fécondation n’est jamais un légume (gousse: cf. LÉGUMINEUSES).

Appareil végétatif

On observe, chez les Rosacées, de très grands arbres (Parinari des forêts denses d’Afrique tropicale), des arbres de moyenne grandeur ou petits (poiriers, pommiers, cerisiers, sorbiers, etc.), des arbrisseaux érigés (spirées) ou sarmenteux (rosiers, ronces), des herbes vivaces, dressées (Geum ) ou stolonifères (fraisiers), exceptionnellement des annuelles (alchémilles du groupe Aphanes ): soit la série complète des types biologiques, depuis les arbres de première grandeur jusqu’aux petites herbes éphémères, comme dans la plupart des grandes familles de Dicotylédones. Les feuilles, alternes, sont simples et entières ou dentées (poiriers, pommiers, etc.), ou découpées (aubépines, ulmaires), ou composées (rosiers, fraisiers, ronces, etc.); renouvelées chaque année chez la plupart des Rosacées arborescentes, elles sont persistantes chez certaines espèces (laurier-cerise, etc.).

Appareil floral

Les fleurs, hermaphrodites et (sauf dans quelques genres tropicaux) actinomorphes, solitaires ou groupées en inflorescences, sont construites suivant des modes architecturaux propres à la famille, mais dont les tendances évolutives sont les mêmes que dans tous les grands ordres d’Angiospermes.

Dans le type fondamental primitif , de beaucoup le plus répandu, la fleur comprend, de l’extérieur vers le centre (fig. 2 a):

– un périanthe verticillé (cyclique), double (calice + corolle) ou triple (calice extérieurement doublé d’un calicule + corolle), formé de 5 (ou 5 + 5) sépales libres, verts ou verdâtres, et de 5 pétales, libres aussi, blancs, roses, rouges ou jaunes;

– un androcée cyclique constitué de 2 à 5 verticilles de 5 étamines libres chacun;

– un gynécée cyclique (acyclique, peut-être, chez les espèces multicarpellées) composé d’un nombre très variable de carpelles libres: nombre indéfini chez les fraisiers et les Geum , réduit à quelques dizaines (10, 20, 30, 50) chez les rosiers, les ronces, etc., à 8, 5 ou 3 chez les spirées. Chez les pruniers et autres Rosacées «à noyau», de même que dans les fleurs réduites des alchémilles, le gynécée ne comprend qu’un seul carpelle libre;

– un réceptacle différencié, marque commune de toutes les fleurs de Rosacées; ce réceptacle forme soit un plateau portant, en son centre, une protubérance (potentilles, fraisiers, ronces), soit une coupe, une urne, un tube (spirées, rosiers, poiriers). Les étamines et les pièces périanthaires sont insérées sur le bord du réceptacle, tandis que les carpelles sont disposés sur la protubérance ou à l’intérieur – généralement au fond – de la cupule ou de l’urne.

Des altérations de ce type fondamental se produisent par des simplifications ou des complications dans quelques genres. Par des simplifications, le périanthe se réduit à un seul verticille de 4 sépales, par avortement des pétales (alchémilles vraies, sanguisorbes); exceptionnellement, à l’avortement des pétales s’ajoute celui d’une partie de l’androcée (1 ou 2 étamines seulement chez les Aphanes ) ou de tout l’androcée, ou de tout le gynécée (fleurs unisexuées des Afrolicania , monoïques, et Aruncus , dioïques). Des complications apparaissent chez un petit groupe de Rosacées arborescentes tropicales (Parinari, Hirtella, Acioa ): la concrescence des étamines en une couronne et, sur une partie de celle-ci, leur transformation en courts staminodes ont pour effet de donner à l’androcée l’aspect d’un diadème dont le plan de symétrie se confond avec celui (dévié d’un certain angle par rapport au plan floral) de l’ovaire unicarpellé; la fleur est alors zygomorphe , et ce caractère peut être encore accentué par un développement inégal de toutes les parties de l’urne réceptaculaire qui devient elle-même symétrique par rapport à ce plan.

Structure des fruits

Les conformations des carpelles et du réceptacle et, surtout, ce qu’il advient de ces organes après la fécondation sont d’une remarquable diversité et permettent de distinguer, au sein de la famille, 5 sous-familles (interprétées comme des familles si la famille est elle-même considérée comme un ordre), dont chacune est divisée en plusieurs tribus (fig. 2 b).

Chez les Spiraeoïdées (ou Spiraeacées), les 3 à 8 carpelles verticillés, libres, donnent naissance à un fruit sec, folliculaire (chaque carpelle s’ouvre suivant sa suture ventrale), contenu dans la cupule réceptaculaire sèche, à peine accrescente.

Chez les Rosoïdées (Rosacées), les carpelles, libres, sont nombreux; chacun devient un fruit indéhiscent: un akène ou une petite drupe (drupéole). Ces fruits élémentaires (méricarpes) sont disposés sur ou dans le réceptacle accrescent, ce qui conduit à déterminer dans ce groupe, numériquement le plus important de la famille, de nombreuses tribus.

Chez certaines, le réceptacle est une urne ou une cupule. Les méricarpes des Ulmariées sont des akènes contenus dans un réceptacle sec et peu fermé. Les Rosées (églantines) se distinguent par le caractère succulent-coriace du réceptacle accrescent, presque clos, contenant les nombreux akènes noyés dans un amas de poils («gratte-cul»); ce réceptacle a toutes les apparences d’un fruit, alors que les vrais fruits, semblables à des graines, sont à l’intérieur (faux-fruit ou pseudocarpe).

Chez les Sanguisorbées (alchemilles, potentilles, aigremoines), dont le gynécée est réduit à un ou deux carpelles, l’accrescence du réceptacle après la fécondation transforme celui-ci en un organe dur, anguleux ou hérissé de crochets, enveloppant complètement un akène (l’autre, s’il existe, est généralement avorté); chacun connaît le faux-fruit des aigremoines, que les animaux et l’homme transportent accroché à la fourrure ou aux vêtements (zoo-anthropochorie).

Chez d’autres, le réceptacle est une protubérance portant les carpelles; après la fécondation, cette protubérance se développe et devient un organe, sec ou charnu, recouvert par des akènes ou des drupes (porte-fruit ). Chez les Dryadées et de nombreuses Potentillées , le porte-fruit est sec; les fruits sont des akènes surmontés, chez les Dryadées (Dryas , Geum ) seulement, par le style accrescent en une longue arête plumeuse, comme chez certaines Renonculacées (clématites, pulsatilles); chez les Potentillées du genre Fragaria (fraisiers), le porte-fruit se développe en un organe succulent sur lequel les minuscules akènes sont dispersés (fraises). Enfin, les Rubées (ronces, framboises) ont le porte-fruit peu développé et recouvert par une sorte de bonnet formé de petites drupes (drupéoles) agglomérées.

Chez les Maloïdées (Malacées ), les carpelles, latéralement adhérents par leur partie ovarienne, sont groupés dans l’axe de la fleur et presque complètement enfermés dans le réceptacle. Après la fécondation, celui-ci se développe considérablement et devient un organe charnu succulent entourant des akènes libres chez les aubépines et les néfliers (tribu des Crataegées ) et un fruit cohérent, à parois parcheminées, comprenant autant de loges que de carpelles, chez les sorbiers, les pommiers et les poiriers (tribu des Malées ). Ainsi toutes les Maloïdées forment des faux-fruits: dans une nèfle, les noyaux durs contenus dans la pulpe molle, d’origine réceptaculaire, sont des akènes, tandis que, dans les pommes et les poires, les pépins contenus dans les cavités périaxiales sont les graines formées dans le fruit pluriloculaire; la partie charnue comestible est le réceptacle hyperplasié.

Chez les Prunoïdées (Prunacées ), toutes arborescentes ou arbustives, la profonde urne réceptaculaire de la fleur se dessèche et disparaît après la fécondation, tandis que l’ovaire unicarpellé devient une drupe à péricarpe succulent ou coriace; le noyau (endocarpe) enveloppe l’embryon exalbuminé (amande).

Chez les Chrysobalanoïdées (Chrysobalanacées ), également arborescentes ou arbustives, et tropicales, le réceptacle cupuliforme se dessèche avant la fructification, comme chez les Prunoïdées, et le fruit est aussi une drupe. Cette sous-famille diffère de la précédente, d’abord par le fait que le gynécée n’est pas unicarpellé (un seul carpelle se développe en drupe), ensuite par la zygomorphie des fleurs chez la plupart des espèces.

Quelques Rosacées importantes

Contrairement à ce que l’on observe dans presque toutes les grandes familles, les Rosacées sont mieux représentées dans l’hémisphère boréal que dans la zone intertropicale ou l’hémisphère austral. C’est de diverses régions de l’hémisphère boréal et, surtout, de l’Eurasie que sont originaires les Rosacées les plus utiles à l’homme.

Le genre Rosa (rosiers) est composé d’espèces arbustives, sarmenteuses ou grimpantes, à tiges épineuses. Les très nombreux cultivars de rosiers, sans cesse améliorés et diversifiés, dérivent d’espèces sauvages (églantiers) européennes (R. gallica ou roses de Provins), et surtout asiatiques (R. fragrans, R. chinensis : roses thé d’Asie Mineure, d’Iran et de Chine), hybridées, en tous sens, depuis des siècles. Il est inutile d’insister sur la place des rosiers dans l’horticulture. Les pétales de roses odorantes (R. damascena ) entrent, en Afrique du Nord et en Orient, dans des préparations de mets parfumés. De ces pétales on peut extraire la précieuse essence de rose (pour obtenir un kilogramme d’essence, il faut distiller quatre à six tonnes de pétales!), riche en géraniol (l’essence de géranium en est une contrefaçon).

Le genre Fragaria (fraisiers), appartenant à la même sous-famille, comprend une quarantaine d’espèces de l’hémisphère boréal, dont certaines s’étendent, par les Andes, jusqu’au sud du Chili. Les «fraises des bois» sont produites par des espèces sauvages d’Europe et leurs cultivars améliorés. Les fraisiers à gros réceptacles sont des cultivars provenant de croisements entre F. chiloensis (de l’Alaska au Chili) et F. virginiana (est des États-Unis).

Parmi les Rosoïdées encore, le très grand genre Rubus est cosmopolite. À ce genre appartiennent les ronces, arbustes ou buissons épineux, dont le syncarpe, formé de drupéoles succulentes (« mûres »), est comestible chez certaines espèces. R. idaeus est le framboisier, dont l’aire naturelle s’étend sur la majeure partie de l’hémisphère Nord; de nombreux cultivars ont été sélectionnés à partir des framboisiers sauvages.

La sous-famille des Maloïdées comprend quelques genres bien connus, et, d’abord, le genre Pirus groupant environ 50 espèces parmi lesquelles le poirier (P. piraster ) et le pommier (P. malus ). Ces deux espèces sont autochtones dans toute l’Europe occidentale, de l’Asie Mineure à l’Europe de l’Ouest; cultivées depuis très longtemps, elles ont donné naissance à de très nombreuses races améliorées; des individus sauvages ou, plus souvent, revenus à l’état sauvage subsistent encore, çà et là, dans les bois et les halliers. Le cognassier (Cydonia oblonga ) est autochtone en Asie centrale (Iran, Turkestan). Le néflier (Mespilus germanica ), originaire de l’Asie Mineure et de l’Europe sud-orientale, depuis très longtemps cultivé, est revenu à l’état sauvage dans de nombreuses régions de l’Europe.

Les Prunoïdées sont surtout représentées par le grand genre Prunus (200 espèces répandues dans toute la zone tempérée de l’hémisphère Nord). Le prunellier (P. spinosa ), dont l’aire s’étend sur toute l’Europe, l’Asie Mineure et l’Afrique du Nord, est un buisson épineux très commun à la lisière des bois et dans les haies; ses petites drupes courtement pédonculées, lisses, sont pruineuses et d’un bleu noirâtre. Produisent aussi des drupes pruineuses, lisses et courtement pédonculées les pruniers qui appartiennent à 2 espèces: P. insititia (pruniers à fruits sphériques: mirabelles, prunes «damas») et P. domestica (pruniers à fruits ovoïdes: quetsches, pruneaux, etc.). Les cerisiers sont des pruniers à drupes lisses, sans pruine, et longuement pédonculées: P. avium (bigarreau) est autochtone dans toute l’Europe et l’Asie tempérée (le merisier en est la forme sauvage); P. cerasus (cerisier aigre, griottier), considéré comme originaire du Sud-Ouest asiatique, était déjà cultivé en Europe par les Romains.

Enfin, les pruniers à drupes veloutées sont le pêcher (P. persica ), l’abricotier (P. armeniaca ) et l’amandier (P. communis ). Chez l’amandier est comestible non le péricarpe coriace mais le volumineux embryon riche en huile (amande). Le pêcher et l’abricotier, introduits en Europe, celui-là au Ier siècle de notre ère, celui-ci au VIIIe siècle, seraient originaires de Chine; la patrie de l’amandier serait le Proche-Orient.

Les Prunoïdées élaborent des hétérosides cyanogénétiques (prulaurasoside, amygdaloside), qu’un complexe enzymatique, l’émulsine, décompose en glucose 廓, aldéhyde benzoïque, essence à parfum caractéristique et acide cyanhydrique. Les amandes de certaines races de P. communis contenant de l’amygdaloside servent à la préparation de l’essence d’amandes amères; seules sont consommées les amandes «douces», sans amygdaloside, produites par les races cultivées. Les embryons des autres Prunoïdées sont plus ou moins riches en amygdaloside. Les alcools ou liqueurs à base de «noyau» doivent leur parfum à l’aldéhyde benzoïque.

Les Saxifragacées

Les Saxifragacées sensu lato sont une famille par enchaînement, répandue dans le monde entier et si hétérogène que les systématiciens les plus rassembleurs (Syllabus) répartissent ses 1 200 espèces en 12 sous-familles, tenues par les plus diviseurs (J. Hutchinson) pour autant de petites familles distinctes. Définir ce complexe est donc très difficile.

D’abord les Saxifragacées (petits arbres, lianes ligneuses, surtout arbustes ou herbes) diffèrent des Rosacées par les feuilles, généralement simples et entières ou peu découpées, semi-succulentes chez quelques saxifrages, sans stipules , et aussi par la présence, dans les graines, d’un albumen plus ou moins abondant.

Les Astilboïdées et Saxifragoïdées (Saxifragacées sensu stricto ) sont «enchaînées» à certaines Rosacées (Siraeoïdées) par les caractères de leur gynécée comportant 2 à 4 carpelles libres ou soudés seulement par leur partie ovarienne, généralement enchâssé dans un réceptacle cupuliforme; les 2 cycles d’étamines, les 5 pétales et 5 sépales libres et les feuilles alternes existent aussi chez les Rosacées.

Dans les autres sous-familles, les différences s’accentuent peu à peu, à mesure que les structures florales sont plus évoluées: les carpelles, dont le nombre généralement de 2 n’excède jamais 5, se soudent de plus en plus étroitement, l’enveloppement de l’ovaire par le réceptacle conduit à des fleurs parfaitement inférovariées; les pétales se soudent à leur base (fig. 3). Enfin, les 3 sous-familles les plus importantes (Ribésioïdées, Hydrangéoïdées, Escallonioïdées) manifestant ces tendances sont composées de petits arbres ou de buissons ligneux.

Les Saxifragoïdées les plus familières sont les saxifrages (genre Saxifraga : 350 espèces, dont beaucoup vivent en Europe, surtout dans les montagnes). Certains saxifrages ornementaux, diversifiés par l’horticulture, sont présents dans tous les jardins.

Les Ribésioïdées (ribésiacées ), caractérisées par leurs fleurs à 5 sépales pétaloïdes, 5 pétales très réduits, 5 étamines, leur ovaire infère uniloculaire à placentation pariétale (fusion complète des 2 carpelles), ne comprennent que le seul genre Ribes (150 espèces collectivement appelées groseilliers); les fruits sont des baies, leur aire s’étend sur tout l’hémisphère boréal et les Andes. Certaines espèces eurasiatiques, améliorées par l’horticulture, ont donné naissance aux cultivars à fruits comestibles.

Les Escallonioïdées (Escalloniacées ), propres à l’hémisphère austral, sont des arbustes ou des arbrisseaux; très diverses, elles se distinguent des Ribésioïdées par leur ovaire cloisonné (autant de loges que de carpelles), leurs styles enfin complètement concrescents et une tendance à la soudure des pétales. Certains Escallonia (60 espèces andines) sont cultivés pour l’ornement des jardins dans les régions les plus tempérées de l’Europe.

Les Hydrangéoïdées (Hydrangéacées ) sont des arbustes, des lianes ligneuses, des buissons, à feuilles entières, simples ou dentées, et opposées . Leur fleur diffère de celle des Ribésioïdées par un plus grand nombre de carpelles (3 à 5) et un moindre enveloppement de l’ovaire par le réceptacle, et de celle des Ribésioïdées et des Escallonioïdées par un nombre d’étamines double ou même beaucoup plus élevé; leur fruit, différent lui aussi, est une capsule . Aux Hydrangéoïdées appartiennent quelques arbustes ornementaux très répandus: le genre Hydrangea , dont l’aire transpacifique s’étend sur toute l’Asie orientale, l’Indonésie, l’Amérique centrale et les Andes, est caractérisé par l’inflorescence, dans laquelle les fleurs périphériques, stériles, ont exagérément développé leurs 4 sépales devenus pétaloïdes; les hortensias des fleuristes sont des races horticoles d’Hydrangea macrophylla du Japon, chez lesquelles cette transformation pétalodique s’est étendue à toutes les fleurs de l’inflorescence. Aux genres Deutzia (transpacifique: 60 espèces) et Philadelphus (hémisphère Nord: 71 espèces) appartiennent d’autres arbustes ornementaux fort appréciés: Deutzia scabra (d’origine sino-japonaise, différencié en nombreux cultivars) et Philadelphus coronarius (seringas ; d’origine incertaine, peut-être Europe orientale jusqu’au Caucase).

Les Crassulacées

Les Crassulacées sont une famille moins hétérogène que la précédente, et se divisent en deux sous-familles seulement pour un nombre d’espèces plus élevé. Les fleurs, actinomorphes, présentent un réceptacle en forme d’assiette plus ou moins creuse au centre duquel sont posés des carpelles libres ou à peine soudés à leur base; sur le bord sont attachés les étamines, les pétales et les sépales (fig. 4). Chez les genres les moins évolués, les pièces périanthaires, au nombre de 4 ou 5 dans chaque verticille, sont libres; le gynécée comprend 4 ou 5 carpelles et l’androcée 8 à 10 étamines libres. Les espèces présentant ces caractères floraux sont manifestement «enchaînées» avec les Saxifragacées à carpelles libres. Les tendances évolutives des autres espèces sont exprimées soit par une augmentation générale du nombre des pièces florales, soit par une réduction de moitié du nombre des étamines, soit par une concrescence des pétales en une corolle tubuleuse. L’appareil végétatif est un important facteur d’unité: presque toutes les Crassulacées portent des feuilles sans stipules, simples, entières, épaisses (crassus , épais) parce que très succulentes dans la grande majorité de la famille (caractère ébauché seulement chez certains saxifrages).

Les espèces du grand genre Sedum (500 espèces de l’hémisphère Nord) sont des herbes, vivaces ou annuelles, à feuilles succulentes, dont la plupart sont saxicoles; les fleurs, blanches, roses ou jaunes, ressemblent à celles des saxifrages; certains Sedum (S. acre , etc.) sont parmi les éléments les plus communs de la flore des murs et des rochers. Le genre Umbilicus comprend une espèce (U. pendulinus ), très commune aussi sur les mêmes substrats et qui est remarquable par ses feuilles succulentes à limbe orbiculaire-ombiliqué («nombril de Vénus») et ses petites fleurs tubuleuses à pétales concrescents. Le genre Sempervivum (joubarbes) est caractérisé par un groupement des feuilles succulentes, au sommet des tiges rampantes, sur des spires à tours très serrés («artichauts de murailles») et par des fleurs polymères (nombreux carpelles, étamines, pétales et sépales dans chaque verticille). Parmi les genres exotiques, mention doit être faite des Kalanchoe (300 espèces, surtout sud-africaines et malgaches), arbustes ou herbes vivaces à feuilles très succulentes et fleurs plus ou moins décoratives, à pétales soudés (corolle en cloche). Les Aeonium (environ 40 espèces, dont beaucoup sont endémiques des Canaries et de Madère) sont remarquables par leurs rosettes de feuilles succulentes, étroitement serrées; ces rosettes, en forme de disques, sont sessiles ou portées au sommet de longs rameaux. Les Crassula (300 espèces, surtout d’Afrique australe) sont des herbes d’aspects extrêmement divers, à feuilles opposées; certaines sont ornementales (feuilles curieusement imbriquées ou fleurs gamopétales vivement colorées); les Crassula de l’hémisphère Nord appartiennent à une sous-famille (Tillaeoïdées ) composée de petites herbes annuelles, à très petites fleurs et feuilles à peine succulentes, vivant dans des lieux humides, et dont une espèce aquatique (C. aquatica ) est la seule Rosale adaptée à cet habitat.

⇒ROSALES, subst. fém. plur.
BOT. Ordre de plantes dicotylédones à fleurs en calices, groupant plus de deux mille espèces. Les Rosacées constituent une famille centrale dans l'ordre des Rosales (Bot., 1960, p. 1029 Encyclop. de la Pléiade).
Prononc.: []. Étymol. et Hist. 1960 supra. Dér. de rose1; suff. -ales2; cf. le b. lat. des inscr. rosalis « qui concerne les roses ».

rosales [ʀozal] n. f. pl.
ÉTYM. Mil. XXe; bas lat. rosalis, de rosa « rose », et suff. sav. -ales.
Bot. Ordre de plantes dicotylédones à fleurs en calices, groupant plus de 2 000 espèces. || Les rosacées sont des rosales.Au sing. || Une rosale.
tableau Les grandes divisions en botanique.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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